Inattendu... Inespere... peut-etre meme providentiel... Serait-ce les trois mots qui allaient le mieux revetir la fin de ce grand voyage? Quelle deception ce fut lorsque nous apprenions, il y a quelques mois, en Argentine, que nous les avions manquees de peu... Oui, l'hiver austral venait a peine de commencer, nous etions la trop tot... Mais qu'a cela ne tienne, pensions-nous alors, nous reviendrons! C'est au Perou, preparant doucement notre viree en Equateur que nous decouvrions avec joie et stupefaction que juillet-aout etait la periode ideale pour venir admirer le spectacle. Apres un long periple de plus de 5 semaines au depart de l'Antarctique, elles se donnent rendez-vous au large de la cote equatorienne, non loin de l'isla de la Plata pour se reproduire. Voici un element des plus convainquants dans notre decision de repousser les iles Galapagos. Nous avons tenu notre langue jusqu'a aujourd'hui, au cas ou ces dames decidaient a nouveau de nous "poser un lapin". Bon, on arrete de vous "faire tourner en bourrique", de toutes manieres, maintenant vous l'avez bien compris, il ne s'agit ni de lapin ni de bourrique, mais bel et bien du plus gros mammifere du monde: LA BALEINE! Et s'il vous plait, pas n'importe laquelle, la baleine a bosse!
Elles etaient la, enormes et les males avaient decide de sortir le grand jeu pour seduire leurs belles. Ils faisaient des sauts fantastiques!!! Kindie a fait de son mieux pour les videos entre 2 vomissements (on vous voit d'ici rire comme des baleines mais que dire, le bateau qui tangue, c'est pas son truc!";-)) On etait comme des enfants face a cette inegalable spectacle de la nature. Dans le groupe de jeunes equatoriens pleins de vie et vraiment adorables, un des garcons disait: "si j'avais imagine voir ca!", ce qui finissait d'emouvoir Kindie... Guillaume en a parle dans le bus de nuit: "a chaque fois que je ferme les yeux, je vois les baleines sauter..." revait-il tout haut.
Nous nous dirigions ensuite vers l'isla de la Plata ou la encore nous attendaient de belles surprises. Tout d'abord, les fous a pattes bleues dont Guillaume est "tombe amoureux" etaient la, en amoureux. Ils changent de partenaires tous les ans mais sont tout de meme romantiques. Si! Si! Les males offrent une petite branche ou un petit caillou a leur femelle pour la seduire. La femelle choisit le plus fort et le plus jeune. Son cri est plutot rauque alors que celui de son Don Juan est tres aigu. Mais tout de meme, les vrais romantiques sont les albatros. Ils n'offrent pas de petites branches mais sont fideles jusqu'a la mort. Meme que quand son partenaire meurt, l'autre se suicide en se jettant sur un rocher apres plusieurs jours de jeunes du a son chagrin. Majestueux, ils couvaient leur bebe comme de vrais parents poules (cf. album video). Quant aux fous de Nazca, ils ne vont pas jusqu'a mourir d'amour mais ce sont eux aussi des oiseaux fideles. Pas si fous fous finalement ;-)
L'ile offre aussi de beaux paysages. Elle doit son nom au guano des oiseaux qui a la pleine lune reluit de la couleur de l'argent. Enfin, une autre version attribue ce surnom a l'Histoire: des pirates auraient attaque un bateau de conquistadores. Ces derniers auraient donc cache tout l'argent, en provenance de la Bolivie et du Perou, sur l'ile. Nous avons cherche ce tresor, en vain ;-) Apres cela, nous allions "snorkeler"! Les poissons de couleurs bleu, orange, ... rejouissaient nos pupilles enchantees. Autour de nous, des fregates avec leur gorge rouge et gonflee nous observaient. Que ne feraient pas ces messieurs pour plaire a ces dames! Ce fut une journee de reve...
C'est un salto arriere de baleine qui nous ramene au pied du Chimborazo, un volcan eteint culminant a 6310m que nous admirions depuis la ville de Riobamba, d'ou nous vous envoyions la precedente newsletter. Merci de noter la figure de style de circonstance: le flashback! ;-) Effectivement, ca devenait mission impossible de vous cacher plus longtemps cette rencontre avec la diva des oceans.
Nous etions donc face au plus haut massif d'Equateur mais aussi du sommet le plus eloigne du centre de la terre, en raison de la bourssouflure de la croute terrestre au niveau de la ligne de l'equateur: le Chimborazo. Cela nous rappelle que nous avons oublie de vous dire que nous avons pu admirer le Cotopaxi, lui aussi en activite. Il s'eleve a 5897m et nous l'apercevions depuis la ville de Saquisili ou il y avait aussi beaucoup de colibris, ces petits oiseaux tres sportifs, qui comptent parmi les symboles du pays et qui ne font pas moins de 80 battements d'ailes par seconde!
Six heures de bus nous amenaient a Cuenca, la 3eme ville du pays, qui nous charmait sans attendre avec ses rues pavees et ses mille et une eglises de toute beaute: des bleues, des blanches, des roses, des grosses massives, des petites dentellees, et chacune avec sa touche artistique unique et ravissante, revetues la nuit d'un manteau de lumiere etincelant.
Depuis 1999, Cuenca la ressourcante avec son extraordinaire architecture coloniale est classee au Patrimoine de l'UNESCO. Nous y avons mange de delicieuses pizzas et Kindie a craque devant une glace italienne aux 3 saveurs: mangue, fruit de la passion et framboise. Oh!
Non loin de la, a 3230m d'altitude, se trouvait le site le plus important du pays: Ingapirca ou le "mur de l'Inca". Nous allions y approfondir nos connaissances sur l'histoire de l'Equateur des le lendemain de notre arrivee a Cuenca. Ce site etait deja sacre a l'epoque des Canari, une civilisation conquise par les Incas a la fin du XVeme siecle. Dans le bus, nous avons croise une de leurs descendantes en tenue traditionnelle: une jupe et un chale bleus avec son p'tit chapeau. C'etait tres interessant, en particulier de pouvoir comparer le temple du soleil, de forme ovale ici, avec ceux que nous avons visites en Bolivie et au Perou et de retrouver les niches et les portes en forme de trapezes (anti-seismiques) typiquement inca...
De retour a Cuenca, nous allions visiter une fabrique de panamas, des chapeaux qui portent tres mal leur nom puisqu'ils sont bien originaires d'Equateur et non du Panama! Cette erreur d'appellation perdure depuis le debut du XIXeme siecle car les conquistadores espagnols les exportaient via ce pays d'Amerique centrale: le Panama.
Nous avons pu observer les differentes etapes de fabrication de ce magnifique chapeau de paille appele plus justement le montecristi, du nom de la ville la plus celebre pour sa fabrication. Son histoire commence par la recolte des frondes du toquilla, un palmier qui ne pousse qu'en Equateur. De ses fibres sont extraites a la main de longues feuilles fines et plates. Nous voyions ensuite les cuves dans lesquelles elles sont bouillies ou blanchies dans du souffre. Un "superfino" recquiert un travail de 6 mois et coute environ 500 dollars en Equateur, soit au minimum 3 fois plus cher dans les boutiques de luxe francaises. Sur un mur, on pouvait voir des photos de personnages connus avec leur superfino: Lady Diana, Jean Gabin, W. Churchill, Brad Pitt,...
Le lendemain matin, nous nous dirigions donc vers Puerto Lopez et le jour suivant nous allions decouvrir le parc national de Machililla en marchant en direction de la plage de los Frailes. Apres cette chaude ballade, la baignade etait de circonstance. Les vagues etaient gigantesques.
Le jeudi 26 juillet, nous rencontrions donc les copines de Moby Dick et le soir nous embarquions pour Quito. Il y a eu un accident. Nous avons attendu 7 heures dans une chaleur ecrasante, pourtant en pleine nuit, que la route se degage. Nous arrivions donc hier dans la capitale apres 18h de trajet au lieu de 10h. Le soir, notre hotel nous offrait une visite du centre historique de nuit: magnifico! Nous allions ensuite gouter au canelazo, une delicieuse boisson chaude a base de canelle, d'orange et de canne a sucre, accompagnes du guide et d'autres touristes.
Aujourd'hui, nous avons passe la journee au marche d'Otavalo, le plus celebre marche d'artisanat d'Amerique du sud!
De gros bisous a tous et ne soyez pas triste, il reste encore quelques jours pour decouvrir le monde ensemble... ;-)
Voici un poeme triste mais magnifique de Charles Baudelaire, intitule l'Albatros (dans les fleurs du mal, 1859):
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher. |